Sound mind avec Laurent Checola (IndieCade)

Sound Mind Laurent Checola Five Senses Reviews
Laurent Checola, ici avec son écharpe rouge aux côtés du fondateur de Skeleton Business lors des IndieCade awards

Créer des jeux vidéos indépendants (et tout court par ailleurs) est une noble tâche, mais vient forcément un jour où il faut en parler. Dans l’océan de titres plus ou moins intéressants publiés chaque jour, il n’est pas forcément aisé de tirer son épingle du jeu et c’est une activité chronophage, un métier en soi. La rubrique Sound Mind est dédiée à ces personnes qui, d’une manière ou d’une autre, contribuent à la promotion d’un jeu, d’un événement, voire de toute l’industrie. Cette semaine, nous vous présentons Laurent Checola, coorganisateur de l’IndieCade Europe qui nous a fait l’honneur de se prêter à ce jeu de question-réponse.

 

Tout d’abord, présentez-nous votre parcours professionnel jusqu’à l’indieCade Europe

J’ai commencé ma carrière de journaliste il y a 10ans au Monde.fr en tant que journaliste généraliste, et je me suis ensuite spécialisé dans les nouvelles technologies et le jeu vidéo. J’ai parallèlement organisé le concours Xplaytime qui promeut les jeunes créateurs. Après avoir quitté Le Monde il y a 3 ans j’ai réalisé des webdocumentaires notamment pour Arte et France4 sur la culture jeu vidéo, continué à organiser des événements (dont l’IndieCade) et suis cofondateur d’un studio nommé Label games qui propose des jeux à portée sociétale, culturelle ou politique.

 

Depuis quand organisez-vous l’indieCade europe ? Avez-vous vu une évolution dans les participants depuis vos débuts ?

C’est un événement relativement récent puisque la première édition a été organisée l’année dernière à Paris, c’est la première fois que l’IndieCade sortait des frontières américaines. Il est donc difficile de voire la chose à long terme, mais les jeux de cette année étaient plus engagés et cherchaient à repousser les limites du jeu vidéo, en sortant par exemple des plateformes classiques pour présenter des titres en réalité augmentée ou en réalité virtuelle.

 

Comment sélectionnez-vous les jeux présentés ?

C’est vraiment très particulier : tout est fait pour mettre en avant la jeune création. Le processus de sélection s’étale sur 6 à 8 mois durant lesquels près de 1000 jeux sont passés en revue par un panel de jurys issus de l’industrie ou de la presse, pour produire une shortlist de 150 jeux. A partir de cette sélection seront choisis la trentaine de titres exposés à l’indieCade. De mémoire le prix d’entrée pour participer est de 80 dollars environ avec des tarifs dégressifs pour ceux envoyant leur projet plus tôt. S’il n’assure pas d’avoir sa place au sein de l’événement, il offre la possibilité aux heureux élus de participer aux trois instances de l’indieCade (Los Angeles, New York et Paris NDLR) sans payer d’autres frais de participation.

 

Quel est d’après votre expérience le profil type des studios et game developer à participer à votre événement ?

C’est très varié. Il y a des profils de studios type triple i de 5 à 8 personnes, qui fonctionnent de manière structurée sur un projet qui peut les mobiliser pendant un ou deux ans. D’autres ont une démarche plutôt artistique (ils n’ont par exemple pas de business model) et enfin certains développeurs se situent entre les deux, c’est-à-dire qu’ils présentent leur projet personnel, élaboré en parallèle d’une activité dans l’industrie du jeu.

 

Quels sont les challenges auxquels vous avez dû faire face en termes de communication ? Promouvoir des jeux indépendants est-il selon vous un avantage ou un inconvénient par rapport à des jeux vidéos conventionnels ?

On nous dit qu’il faut promouvoir la création dans le jeu vidéo, mais lorsqu’on le fait on nous dit qu’ils ne sont pas assez connus, pas assez ci, pas assez ça. Ce n’est pas évident d’avoir des jeux qui ne sont pas des standards. Nous avons cependant l’avantage que l’indieCade est une marque forte, un véritable gage de qualité qui fait que l’on est sûrs d’y trouver des productions intéressantes. Notre deuxième enjeu est de faire de cet événement une rencontre européenne, voire internationale. Nous avons noué des partenariats dans cette optique, car il serait dommage de ne pas montrer tout cela à l’Europe entière !

 

Enfin, avez-vous un conseil à donner aux studios souhaitant prendre part à votre événement ?

Mettez en avant l’aspect créatif. Sortez des sentiers battus, c’est un des moyens de montrer son originalité.

Sound Mind S4mus Five Senses Reviews
IndieCADE awards 2017. Devinez qui était au dernier rang ?

Sur ces bons conseils, je remercie encore une fois Laurent Checola pour son aimable participation à cet article. Rendez-vous l’année prochaine pour l’IndieCade Europe 2018 !

 

S4mus (Valentin)

Merci à : Pampel (Nico), MSK (Hervé), Vignou (Quentin), PM (Paul), Srompich (Sai), Sly (Sylvain), Len (Len), Môman et Pôpa.

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